Jean Ouachée est le Directeur Général des Services de la Ville de Saint-Brieuc et de l’Agglomération briochine. Jongler entre les deux fonctions nécessite un investissement important de sa part et de l’équipe de direction mais permet de favoriser la transversalité et l’horizontalité entre les projets des deux entités. Il nous a fait partager sa passion pour le développement local et ses multiples incidences sur nos territoires.
. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir fonctionnaire territorial ?
J.O : Après avoir suivi des études de droit et de sciences politiques, je me suis interrogé sur différents métiers : juridique, agricole ou dans le secteur public. Mon premier stage à la Mairie de Metz a été décisif : c’était les débuts de la décentralisation et du développement territorial. Je me suis dit que c’était ce que je voulais faire. Mes postes suivants m’ont également passionné car j’y ai rencontré des élus passionnants et engagés. En Alsace, dans le Nord, où nous avons travaillé de concert pour le développement local, économique, social, intercommunal de ces territoires. Et admirateur de Paul Houée, pionnier du développement local en France et particulièrement dans le Mené, je poursuis ce travail aujourd’hui à Saint-Brieuc.
. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?
J.O : On ne fait ce métier que si l’on est très attaché au service public local. Au-delà du socle fondamental du droit, des finances, etc., il faut aimer le territoire. Le service public a totalement évolué depuis trente ans : lors de la décentralisation dans les années 85-90, les compétences nouvelles et les moyens ont été répartis. A partir de 2004, il a fallu optimiser. Aujourd’hui, nous sommes dans une période de re-questionnements sur la façon dont on fait les choses.
Localement, nous avons beaucoup de projets pour développer l’attractivité de la ville : aménagement urbain, pôle d’échange multimodal, attraction commerciale, etc. Concernant l’agglomération, nous venons d’installer la nouvelle organisation. Les choses se sont faites de manière plutôt consensuelles, tant politiquement qu’administrativement. Les enjeux sont nombreux en termes de management, de mutualisation mais aussi bien évidemment, en termes de projets pour la population : logement, emploi, mobilités, etc.
Il ne faut jamais oublier qu’au-dessus de l’administration et des élus, on trouve les citoyens !
Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?
J.O : Nous faisons appel à plusieurs services du Centre de Gestion: les missions temporaires pour le remplacement d’agents ou pour des renforts dans les services, mais aussi tout ce qui touche à la santé au travail avec les services de médecine préventive, d’inspection ou du reclassement professionnel.
J’ai par ailleurs une attente concernant le Centre de Gestion. Etant très attaché au développement territorial, je pense qu’un socle d’ingénierie nous serait très utile, un laboratoire d’idées. Face à des grands groupes privés, nous avons besoin de nouvelles compétences. Le Centre de Gestion peut participer à son niveau à cette recherche d’ingénierie. En ce sens, la création de réseaux professionnels, tels que celui des DGS d’intercommunalités, est déjà très positive.
Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?
J.O : Dans le cadre de la fusion de nos trois agglomérations et d’une commune au 1er janvier 2017, l’agglomération briochine a été accompagnée. Nous avons travaillé, très en amont avec le service Etudes et organisation, sur les cultures et les attentes de chacun. Cela a été une démarche professionnelle, je dirais même heureuse, où le Centre de Gestion a joué un rôle d’allié critique. Aujourd’hui, une étude est en cours de réalisation pour la création du CIAS, toujours par le service Etudes et organisation.
. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?
J.O : Ce que je dis parfois en réunion et qui trouve une certaine pertinence dans le contexte actuel : « le mieux est l’ennemi du bien ».