Accompagnement psychologique

Publié le 10/03/16 - Mis à jour le 03/03/25

Au sein du service de médecine préventive, l’équipe de psychologues est composée de professionnel(le)s avec des spécialités différentes pour une complémentarité et ainsi pouvoir répondre au plus juste aux demandes. 

Les choix d’outils des psychologues sont développés en fonction de l’analyse des situations et de la demande. 

Les autorités territoriales sont chargées de veiller à la sécurité et à la protection de la santé des agents placés sous leur autorité (décret 85-603 du 10/06/1985). En ce sens, les missions des psychologues visent à aider les collectivités à préserver la santé physique et mentale des agents. Accompagner l’employeur dans la prise en compte de la santé mentale au travail, évaluer si la situation est seulement individuelle ou peut concerner le collectif, déterminer qui a besoin de quoi et appréhender l’accompagnement des agents et des actions à mettre en œuvre : autant de dimensions qui peuvent nécessiter un appui.

L’accompagnement psychologique individuel propose une écoute et une prise en compte de la souffrance des agents en difficulté dans leur travail et vise ainsi à préserver le potentiel personnel et professionnel de chacun. Stress, mal-être, épuisement professionnel, problèmes de santé impactant la capacité à travailler ou situation de crise ayant des retentissements sur la santé psychique… Autant de sujets parmi d’autres qui peuvent, par un accompagnement sous forme d’entretiens individuels, nécessiter une aide pour traverser des moments délicats.

L’accompagnement des situations impactantes, inopinées (accident grave, évènement « traumatogène », deuil …) a pour vocation d’apporter du soutien collectif aux agents confrontés à des situations exceptionnelles ou de crise (événement particulier qui va déstabiliser un collectif de travail), d’analyser leurs répercussions collectivement et individuellement. Cette intervention doit aussi contribuer à trouver les ressources pour offrir un apaisement et permettre une continuité dans la vie professionnelle. Les interventions sont toujours à penser au cas par cas, au plus juste et au plus proche des besoins, selon la situation.

 

FAQ sur la gestion des situations traumatogènes en collectivité

 

Qu'est-ce qu'une situation "traumatogène" dans le cadre du travail selon ce document et quels types d'événements sont considérés comme tels ?

Une situation traumatogène est un événement brutal, soudain et inattendu, lié à des émotions fortes (anxiété, angoisse, peur, colère) confrontant les victimes ou témoins directement ou indirectement à la mort, à une atteinte sérieuse à l'intégrité physique et psychique, ou à l'environnement. Cela inclut les événements portant atteinte à la vie humaine ou confrontant à des scènes choquantes de blessure ou de mort (accidents, suicides, violences), les problèmes matériels ou techniques (incendies, explosions, effondrements) et les catastrophes naturelles (inondations, tempêtes).

 

Quel est le rôle du CDG face à un événement traumatogène affectant une collectivité ?

Le CDG apporte un appui technique à la collectivité pour gérer la crise. Cela comprend la constitution d'une équipe de crise interne au CDG, le conseil aux responsables de la collectivité dans la gestion de la crise après les mesures d'urgence, et l'évaluation de la situation. Le CDG aide également à identifier les personnes impliquées, à organiser les soutiens nécessaires (famille, collègues), et à gérer la communication autour de l'événement. Il suit également la situation après l'événement.

 

Comment une collectivité doit-elle réagir immédiatement après un événement potentiellement traumatogène ?

La collectivité doit faire preuve de réactivité pour évaluer la situation et prendre des décisions rapides. Il est crucial d'assurer les mesures d'urgence (protéger, alerter, secourir), de suspendre ou réorganiser l'activité dans le service concerné pour éviter le sur-accident, et de prévoir un premier niveau d'écoute des agents pour recueillir des informations factuelles, permettre une première "ventilation" des émotions et opérer une fonction contenante du collectif. Une attention particulière doit être portée aux personnes en contact direct avec l'événement.

 

Quelles sont les obligations administratives pour la collectivité en cas d'accident de service ?

La collectivité doit déclarer l'accident, informer le médecin du travail concerné, informer la Formation Spécialisée ou le CST interne (ou la Formation Spécialisée départementale en leur absence) dans les 48 heures, et réunir rapidement certains documents (fiche de poste, document unique, dernière fiche de visite médicale, état des formations santé-sécurité, registre de sécurité, etc.). Une analyse d'accident doit également être rapidement effectuée.

 

Comment la collectivité doit-elle gérer l'annonce de l'événement aux familles, aux collègues et aux médias ?

Pour la famille, il faut désigner un interlocuteur privilégié et éviter que les collègues informent la famille en cas de décès. Pour les collègues, il faut annoncer rapidement l'événement, en restant factuel, en soulignant sa gravité, en choisissant les supports appropriés pour l'annonce (orale, écrite), en informant qu'une prise en charge est possible, et en précisant la volonté de la direction d'identifier les causes. Pour les médias, il faut s'assurer que l'information a été communiquée à la famille et aux collègues, rédiger un communiqué de presse factuel, et rester prudent dans les communications.

 

Quels types de soutiens doivent être organisés pour la famille et les collègues après un événement traumatogène ?

Pour la famille, il faut rester en contact, proposer un soutien psychologique et éventuellement une aide financière d'urgence. En cas de décès, il faut faciliter la restitution des affaires et accompagner la famille sur le lieu de travail si elle le souhaite. Pour les collègues, il faut proposer un temps d'échange animé par des professionnels de santé, des supports pour laisser des traces écrites ou des témoignages, et favoriser la proximité, l'échange et la verbalisation des émotions. Des soutiens individuels et collectifs sont nécessaires pour les collègues et les membres de la cellule de crise.

 

Comment évaluer si une intervention sur le terrain par les services du CDG est nécessaire après un événement impactant un collectif de travail ?

Bien que tout événement impactant un collectif génère de l'émotion et puisse conduire à une demande d'intervention rapide, l'émotion seule n'implique pas forcément la nécessité d'une intervention sur le terrain. L'appui technique à la gestion de crise peut permettre à la collectivité de mettre en place les outils adéquats pour réguler les effets de l'événement. Une évaluation approfondie est nécessaire pour déterminer le niveau d'intervention approprié.

 

En dehors des événements sur le lieu de travail, comment gérer les situations de décès brutaux survenus en dehors du travail qui impactent les agents ?

Bien que survenant en dehors du temps de travail, les décès brutaux (notamment par suicide ou accidents) perturbent fortement le collectif de travail. Ces événements demandent une attention particulière, mais les actions d'accompagnement doivent être proposées avec prudence. L'émotion, le manque de réponses et les interprétations doivent être "contenus" par un accompagnement et une régulation par les acteurs internes à la collectivité, avec l'étayage du CDG "au cas par cas".

Ce qui fait difficulté dans un collectif de travail peut concerner plusieurs composantes : difficultés relationnelles, une dynamique de travail qui n’opère pas, un manque de clarté dans les missions… ou encore, parfois, on ne comprend pas ce qui fait problème. Pour comprendre ce qui se passe, s’intéresser aux aspects psychosociaux, au contexte et aux conditions d’exercice vise à aider la collectivité à identifier ce qu’elle peut mettre en œuvre pour offrir un cadre de travail plus serein.

L’Analyse des pratiques professionnelles (APP) est un temps de travail en équipe, par l’échange et le partage de l’expérience. Il vise le soutien des pratiques professionnelles

 

Il s’agit d’un temps pour les professionnels, où l’on se pose pour parler du travail, à travers sa complexité et dans ce qu’il questionne de sa posture professionnelle. L’APP permet d’évoquer ce qui peut faire difficulté ou tension dans le travail, pour y apporter des clefs de compréhension et retrouver une capacité d’agir. L’APP est particulièrement recommandée pour les métiers du secteur sanitaire et social, éducatif, la petite enfance... On y aborde notamment la relation à l’usager, aux résidents, aux enfants, aux familles, mais aussi l’évolution du métier…

 

L’APP permet de développer ses compétences professionnelles, par l’analyse des enjeux des situations pour soi et pour les autres.

 

Les bénéfices de l’APP sur les professionnels sont nombreux : il apporte au niveau individuel un renforcement des compétences professionnelles et de son estime de soi, au niveau collectif il développe l’empathie et la cohésion d’équipe.  

Les actions visent à aider les employeurs territoriaux à appréhender la prévention de comportements/situations qui peuvent avoir un impact sur la santé et la sécurité des agents au travail. Quelques exemples : les Risques Psychosociaux en question, la gestion des troubles du comportement liés à la consommation de substances psychoactives (alcool, stupéfiants…), la place de la santé mentale au travail, violences au travail (discrimination, harcèlements, agressions), relation aux usagers…

En lien avec le service prévention, l’idée est d’étayer la réflexion des collectivités et de les accompagner dans la construction de leur propre démarche.