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Portrait d’Armelle Bothorel – Maire de la Commune de La Méaugon et présidente de l’AMF 22

Publié le 16/10/17 - Mis à jour le 13/01/22

Fille de militants de la non-violence et défenseurs des valeurs républicaines, Armelle Bothorel a su très tôt ce qu’était l’engagement. A son tour, elle prône des principes de dignité et de respect qu’elle applique dans sa vie politique au quotidien, à la fois comme Maire de La Méaugon mais aussi, en tant que Présidente de l’Association des Maires des Côtes d'Armor et des Présidents d'Établissements Intercommunaux à Fiscalité Propre.

. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir élue locale ?

A.B : J’ai eu la chance d’avoir été trempée dans des valeurs familiales fortes, transmises par des parents engagés l’un et l’autre dans des combats pour la justice, les droits de l’homme, le respect de la dignité humaine*.Cela a forgé en moi la certitude que l’engagement au service d’autrui donne un sens précieux à la vie. Après avoir suivi une formation de base aux sciences humaines à l’ISSEO, le « Science Po Breton » de Paul Houée, qui formait les futurs cadres de la Bretagne, mon parcours professionnel a démarré dans l’utopie des années 70, avec l’aménagement de la ville nouvelle de Cergy Pontoise où il s’agissait de repenser la ville, ses fonctions, ses voies de circulation, ses solidarités en créant un pôle urbain de tout pièce en pleine campagne ! Par la suite je suis devenue conseillère technique et pédagogique à la DDJS des Côtes d’Armor : 27 ans d’un travail passionnant et toujours renouvelé au service des politiques jeunesse, de prévention, d’animation porté par les valeurs de l’éducation populaire. De tout cela émerge une cohérence et quelques convictions fortes qui m’ont ouvert à l’engagement politique. Aussi, quand le maire de La Méaugon de l’époque est venu frapper à ma porte en 1995 pour constituer sa nouvelle liste, j’étais prête. Trouver des réponses très concrètes à la vie quotidienne des gens, dans le cadre d’une équipe prête à donner une vraie place aux femmes, c’est cela qui m’a motivé.

* Le Général Pâris de la Bollardière s’est illustré à travers la résistance à l’occupation nazie, le refus de la torture en Algérie et l’exploration des voies d’une résolution non violente et politique des conflits.

. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?

A.B : Pour moi, ce sont les biens communs mis au service de la population, dans un souci d’équité par rapport aux plus fragiles. C’est le pacte républicain qui doit éclairer les décisions des élus locaux. Le service public local est le premier contact de nos concitoyens avec les élus mais aussi avec les agents territoriaux.

La Méaugon est maintenant une des 32 communes de Saint-Brieuc Agglomération Baie d’Armor, un petit poumon vert au bord de la réserve d’eau potable de ce territoire. Le développement durable décliné sous toutes ses composantes est le fil conducteur des programmes de notre équipe municipale : le zérophyto, l’aménagement du centre bourg pour revivifier les lieux sociaux et la convivialité, la rénovation thermique de tous les bâtiments communaux alimentés par une chaudière bois.... Associés à la richesse du bénévolat, le fleurissement, la bibliothèque, la valorisation du patrimoine ainsi que la vie associative dynamique.

Concernant l’AMF, dont je suis la présidente depuis 2014, un vaste chantier s’ouvre à nous. Nous n’avons jamais connu un tel bouleversement aux niveaux des communes et intercommunalités : créations des communes nouvelles, regroupement des intercommunalités (passage de 32 à 8), mutualisations, etc., dans un climat de rigueur budgétaire. Il nous faut transformer l’essai des bouleversements de la réorganisation territoriale. Réussir le modèle spécifique de la Bretagne dans un aménagement équilibré où le maillage des villes moyennes, des territoires ruraux coexiste au côté des métropoles (Brest, Rennes, ...) dans une complémentarité plutôt que dans une concurrence effrénée.  Nous avons initié la charte des services de proximité pour lutter par exemple contre les déserts médicaux ou pour entamer une réflexion sur l’équilibre entre ruraux et urbains afin de conforter une présence scolaire équitable sur nos territoire. Sur ces sujets, comme sur bien d’autres, il nous faut répondre de manière pertinente et diversifiée, notamment sur les territoires les plus inquiets.

Avec les 8 vastes EPCI, il nous faut poursuivre la consolidation du couple commune/intercommunalité dans une gouvernance politique gérable et équilibrée entre services de proximité. Ceci pour une meilleure qualité de vie de nos concitoyens et pour construire un territoire communautaire de projets et d’ambition.

Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?

A.B : Pour les communes, le Centre de Gestion est incontestablement un service de proximité dans la prise en compte des problématiques de fonction publique territoriale. Il permet de gérer avec nous des situations délicates, accompagner les personnels, contribue à la qualité du dialogue social. C’est un lieu plus que précieux pour représenter les communes. Il faut savoir trouver le bon niveau de collaboration avec les intercommunalités, qui peuvent avoir des velléités d’intervention sur des champs gérés par le Centre de Gestion. Nous devons contribuer à garder ce professionnalisme et ce côté innovant qu’a toujours eu l’établissement, pour tous nos niveaux de collectivités. Il permet de prendre du recul et d’élargir notre vision, à un niveau départemental, par rapport à nos préoccupations quotidiennes.

Par ailleurs, moi-même élue du Conseil d’Administration, j’apprécie particulièrement la qualité des instances et j’ai beaucoup de plaisir à assister aux réunions. Sous la présidence de Loïc Cauret, les élus sont mobilisés. C’est une assemblée vivante, où il y a du débat, sur les évolutions des collectivités et de la fonction publique territoriale.

Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?

A.B : Le travail sur le Document Unique a été une belle expérience. Le Centre de Gestion a véritablement été précurseur sur ce dossier. Ce document permet une mise à plat de toutes les problématiques de conditions de travail des agents dans leur collectivité. Très pratico-pratique. A La Méaugon, qui était pilote du dispositif dans le cadre d'une expérimentation, il a été mis en œuvre avec un extrême professionnalisme par les agents du Centre de Gestion, accompagnés par deux élus locaux.

. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?

A.B : « Haut les cœurs ! ». Sans faire appel aux grands auteurs, je voulais dire : relevons nos manches, mettons du cœur à l’ouvrage, allons-y collectivement, sans se décourager, pour aider nos concitoyens à mieux vivre au quotidien.


Mieux connaître les élus locaux et agents territoriaux, voici le fil conducteur de cette nouvelle rubrique de notre portail internet. Ces portraits ont vocation à mettre en valeur les acteurs des territoires mais aussi à valoriser des expériences menées avec les services du Centre de Gestion. Cette rubrique paraît tous les 15 jours.