Portrait de Nathalie Cléret – EHPAD de Loudéac
Directrice de l’EHPAD et du CCAS de Loudéac, Nathalie Cléret a suivi un parcours singulier, passant du secteur de l’environnement à celui de l’aide aux personnes âgées. Pour cela, elle a un maître mot : la formation tout au long de sa carrière. Curieuse et attentive aux nombreuses évolutions dans un secteur en plein renouvellement, elle nous présente ses missions et ses projets.
. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir fonctionnaire territoriale ?
N.C : Après avoir passé 12 ans dans le secteur de l’environnement, j’ai souhaité ré-orienter ma carrière. J’ai repris mes études en suivant un Master 2 "Gestion des établissements sanitaires et médico-sociaux" pour travailler auprès de personnes âgées. Je savais qu’il y avait des choses à faire dans ce secteur porteur de projets. J’ai été recrutée il y a 8 ans comme directrice de l’EHPAD Brocéliande de Loudéac. J’ai depuis été titularisée sur mon poste après avoir réussi le concours d’attaché territorial. Depuis septembre dernier, j’assure également le poste de directrice du CCAS pour lequel nous entamons une réflexion sur l’évolution des services.
Etre directrice d’EHPAD, c’est un métier très varié. Il faut être polyvalent, maîtriser les R.H, les finances, manager et surtout, aimer les relations humaines. Les contacts sont nombreux et riches avec les familles, les résidents, les partenaires, les élus, les associations. Nous allons connaître bientôt une grande réforme tarifaire (les contrats pluriannuels d'objectifs et de moyens (CPOM) qui vont progressivement se substituer aux conventions tripartites pluriannuelles des EHPAD). Il faut se tenir au courant, assurer une veille sur tout ce qui est nouveau sur la prise en charge des bénéficiaires notamment. On n’est plus dans un fonctionnement « classique » de ces établissements : ça bouge dans le secteur du vieillissement !
. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?
N.C : Pour moi, c’est un service capable de répondre aux nouvelles problématiques des territoires. Il faut s’adapter, innover, proposer des nouveaux services.
Au niveau de notre EHPAD, nous sommes en pleine mutation : c’est la condition pour continuer à offrir des services de qualité. Elus et agents, nous avons réfléchit à nouveau à la problématique pour les personnes de pouvoir vieillir sur leur territoire. Maintenir les liens avec la famille, l’entourage, l’autonomie. Nos locaux, installés dans le centre-ville de Loudéac, permettent à certains de nos résidents peu dépendants de continuer à faire leurs courses, à se promener.
L’un de nos projets 2018 est l’accueil de personnes handicapées vieillissantes en réponse à une demande locale. Des liens existent déjà avec les acteurs locaux (ADAPEI, etc.). Cela concernerait un petit groupe en mettant à leur disposition les moyens humains et matériels nécessaires, tout en maintenant un lien avec leur établissement d’origine. Ce sont des personnes plus jeunes (la moyenne d’âge est d’environ 60 ans à l’entrée, alors qu’elle est de 87 ans pour les personnes âgées), plus autonomes. Notre objectif est notamment d’apporter une autre dynamique dans l’EHPAD. Ce projet coïncide avec le réaménagement du rez-de-chaussée du bâtiment.
L’autre projet important pour l’année à venir est la création d’un jardin clos pour les résidents et leurs familles. Créer un espace de déambulation en sécurité, de rencontres entre générations. Nous envisageons, pourquoi pas, une collaboration avec des artistes. Nous voulons un jardin tourné vers la population, permettant d’avoir d’autres contacts avec l’EHPAD, comme nous le faisons déjà avec les écoles.
. Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?
N.C : Je sollicite les services régulièrement, notamment sur les questions juridiques et nous participons aux sessions de formations organisées par le Centre de Gestion.
J’apprécie particulièrement les journées thématiques d’information telle que celle qui a été organisée cette année sur le RIFSEEP. Les éléments sont concrets et apportent un éclairage précieux.
Je suis venue pour la deuxième année aux Territoriales de Bretagne le 1er décembre dernier. Ce temps d’échange permet de prendre de la hauteur, de nous extraire de notre quotidien. Mais malheureusement, je n’ai pas pu assister à l’atelier sur les EHPAD dont le thème "la clarification des rôles et responsabilités "élus-directeurs" en EHPAD publics non autonomes" m’intéressait pourtant beaucoup.
Je suis aussi les travaux du réseau EHPAD qui permet les échanges entre professionnels. Même si je n’ai pu assister qu’à deux réunions, je regarde systématiquement les comptes rendus, suit les communications.
Sur ces différents temps d’information-formation, le Centre de Gestion m’apporte un vrai plus dans mon fonctionnement courant ainsi qu’une veille dans mes domaines de compétences.
. Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?
N.C : Je dirais les formations. Chaque année, mes collègues et moi-même, nous suivons les formations organisées par le Centre de Gestion. Elles sont adaptées à nos besoins, de terrain auprès des personnes âgées ou de direction dans les domaines des marchés publics par exemple.
Par ailleurs, nous allons mettre en place le Document Unique pour l’établissement, ce qui n’avait pas été fait jusqu’à présent. Nous avons fait appel pour cela au Service conseil, hygiène et sécurité au travail qui interviendra en 2018. C’est une obligation réglementaire mais qui coïncide aussi pour nous avec des travaux d’aménagement du bâtiment.
. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?
N.C : Quand j’ai suivi mes études, on nous répétait souvent la phrase suivante : "Seul on va plus vite, ensemble on va plus loin". Partager ses expériences, travailler en équipe prend du temps. Il faut se mettre d’accord, discuter, échanger. Mais cela permet de prendre de la distance, d’avoir une vision plus globale, plus aboutie.












