Portrait d'Anne-Claire Guillet – Directrice des ressources humaines du Conseil départemental 22

A la tête d'une équipe d'une soixantaine d'agents, Anne-Claire Guillet est attachée à ce que la DRH s'inscrive en accompagnement des évolutions de la collectivité et notamment, celui des agents dans le cadre de leur parcours professionnel. Elle part du principe que les actions impulsées au niveau des ressources humaines doivent rayonner sur l'ensemble de la collectivité afin que chacun s'en saisisse à son niveau pour améliorer la qualité de vie au travail.
. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir fonctionnaire territoriale ?
A-C.G : C'est le hasard. Après avoir obtenu un DESS en ingenierie des ressources humaines, mon premier poste conséquent a été celui de consultante en hygiène et sécurité et en ressources humaines en Touraine. Lorsque je suis arrivée dans les Côtes d'Armor, il fallait organiser le passage aux 35 heures et le Centre de Gestion 22 recrutait des agents pour les mettre en place. L'univers des collectivités territoriales et le sens de l'action publique m'ont alors beaucoup intéressé. Je suis restée 1 an sur cette mission, puis j'ai fait un passage de 2 ans à l'ANPE du Finistère et Morbihan. J'ai eu l'opportunité de revenir au Centre de Gestion début 2004 sur une mission de consultante en ressources humaines, ce qui me convenait mieux. Je me suis rendue compte qu'il y avait beaucoup à faire en organisation du travail et en accompagnement du personnel. Lorsque je travaillais dans le privé, j'étais moins à l'aise avec la partie "commerciale" du métier et j'apprécie vraiment de travailler pour le secteur public.
Aujourd'hui, je suis directrice des ressources humaines du Conseil Départemental des Côtes d'Armor. Mon poste embrasse l'ensemble des missions dites "classiques" des R.H, c'est à dire le pilotage de la masse salariale, la gestion carrière-paie, l'accompagnement des parcours (formation, conseil en évolution professionnelle, recrutement), la qualité de vie au travail (prestations sociales notamment), la prévention, le dialogue social, la gestion des informations sur le temps de travail, celle de la médecine préventive, des instances ainsi que la partie disciplinaire. Il inclut également un rôle de conseil stratégique auprès de la direction générale et des élus, auprès des encadrants. Le volet managérial (organisation de réponses sur des souhaits de mobilité, de problématiques particulières) est en développement ainsi que le conseil en organisation afin d'aider et accompagner les encadrants en interne. La direction regroupe 60 personnes, réparties en 3 services.
. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?
A-C.G : La spécificité de la Fonction Publique Territoriale tient notamment à son action décentralisée. Elle adapte ses services aux usagers ainsi qu'à la réalité des territoires. Dans les Côtes d'Armor, il existe un réél enjeu d'attractivité du territoire, dû notamment à sa situation géographique. Ceci en matière de santé, d'économie et de tourisme, d'éducation, d'environnement et de développement durable, etc. Pour mieux y répondre, il est nécessaire de trouver une cohérence entre les collectivités locales, une bonne articulation entre leurs politiques publiques. Ce travail est engagé entre les intercommunalités, le Département, la Région. Il ne faut pas perdre les spécificités locales mais trouver une réelle cohérence entre toutes.
Au niveau de nos projets en ressources humaines, nous devons tenir compte des contraintes budgétaires. C'est un point de vigilance mais qui ne doit pas nous empêcher d'avancer, d'avoir toujours des projets. Le vrai enjeu est de pouvoir s'adapter en permanence. Depuis des années, la Fonction Publique Territoriale se transforme sans cesse. Comme il n'est pas toujours possible d'avoir recours à des compétences externes, il est nécessaire d'accompagner les parcours en interne, permettre aux agents d'évoluer. Et dans cette dynamique de changement, il faut réflechir à la manière d'accompagner chacun, de ne laisser personne sur le bord de la route. D'où l'importance du dialogue social. Un autre enjeu est celui de la lutte contre l'absentéisme. La vie professionnelle s'allonge, les agents connaissent de plus en plus des restrictions physiques et parfois des pathologies psychologiques. Le volet curatif est important mais il faut améliorer la prévention. Il est nécessaire de trouver l'équilibre entre l'adaptation d'un poste et l'organisation de la collectivité.
Pour cela, dans le cadre du plan de prévention des risques professionnels, nous avons entamé un travail sur les risques psychosociaux. Nous ouvrirons un autre chapitre en septembre pour aborder les risques physiques par métiers dans les différents pôles du Conseil départemental. Les encadrants seront formés à l'identification des risques.
. Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?
A-C.G : Compte tenu de la taille du Conseil Départemental, le Centre de Gestion n'est pas toujours l'interlocuteur privilégié. Mais, il a toute sa place sur le volet expertise et innovation, comme formidable outil mutualisé au service des collectivités. L'établissement peut prendre le temps de réaliser des études, de réfléchir à des évolutions, sur lesquelles chaque collectivité pourra s'appuyer ensuite. Tout le travail réalisé sur les réseaux professionnels (R.H, DGS d'intercommunalités, etc.) est également très intéressant.
Nous travaillons avec le service des missions temporaires pour le remplacement des personnels techniques dans les collèges, avec la médecine préventive, le service juridique. C'est un partenariat intéressant.
Le vrai plus du Centre de Gestion est sa parfaite connaissance du territoire et des collectivités locales. Cela permet des échanges sur nos pratiques, nos calendriers de mise en oeuvre de chantiers (temps de travail, RIFSEEP par exemple). L'établissement alerte sur ces problématiques R.H en amont, c'est très précieux.
. Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?
A-C.G : J'ai été sollicitée pour intervenir dans des colloques et des réunions d'information sur les ressources humaines. A titre professionnel et personnel, c'est intéressant et valorisant.
Il existe une vraie qualité relationnelle avec les professionnels du Centre de Gestion.
. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?
A-C.G : "Aucun de nous ne sait ce que nous savons tous ensemble" (Euripide). A plusieurs, on est plus compétent, plus fort. C'est montrer l'importance du collectif. Chacun doit avoir conscience que dans une organisation, il n'est pas tout seul. Et que travailler tout seul, n'est pas bon pour l'organisation. Nul n'est irremplaçable. Si un service ne fonctionne plus quand une personne est absente, c'est que l'organisation est à repenser...