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Portrait de Chantal Delugin – Maire de Tréméven et vice-présidente, par délégation, de la CHSCT

Publié le 02/11/18 - Mis à jour le 13/01/22

Sa curiosité d’esprit et son sens de l’écoute ont toujours porté Chantal Delugin à s’engager pour les autres. Très active dans les instances du Centre de Gestion et de l’AMF 22, et toujours très engagée pour sa commune, elle nous parle de ses expériences avec enthousiasme et conviction.

. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir élue locale ?

C.D : Tout d’abord, mon éducation notamment avec mon père qui était fonctionnaire. Je me suis également très tôt investie dans des associations, dans le système coopératif. Enfin je dirais, ma curiosité d’esprit. Beaucoup de choses m’intéressent et je crois que c’est indispensable dans cet exercice qu’est la fonction d’élu.
J'étais présidente de l’Amicale Laïque lorsqu’en 1983, l’ancien Maire m’a proposé d’être conseillère municipale. Ce n’étais pas une liste politique mais la réunion de personnes ayant envie d’œuvrer pour la commune de Tréméven. J’ai été élue puis, lors de mon second mandat, j’ai occupé le poste de 1ère adjointe. Je suis devenue Maire, en 1995 lors de mon troisième mandat et dans environ deux ans, je vais terminer le quatrième. Les choses se sont faites progressivement. Pendant trois mandats, j’ai également été vice-présidente de la Communauté de communes de Lanvollon Plouha, chargée de l’accessibilité, puis du service public et de l’agenda 21. Je suis maintenant conseillère communautaire de la nouvelle intercommunalité Leff Armor communauté. Je suis également membre du Bureau de l’AMF 22 et du Centre de Gestion. J’y trouve un grand plaisir car ces fonctions me permettent d’aborder d’autres problématiques que celles de mon territoire. Elles ouvrent sur d’autres horizons.

. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?

C.D : Dans le contexte actuel, chahuté et parfois incompris, la notion de proximité est primordiale pour les habitants. Elle donne un côté plus humain aux fonctions d’élu. Il ne faudrait pas la perdre. La porte de la Mairie est celle que poussent les habitants. Les secrétaires de mairie et les Maires ont un rôle primordial d’accueil et d’information. Les permis de construire, les questions de garde d’enfants, l’aménagement des chemins, etc. Tous les domaines sont abordés. Le mot proximité prend tout son sens. « Tiens, il faut que je te parle. » « Toi, tu vas pouvoir me dire ». C’est comme cela que l’on m’aborde très simplement. Si je ne sais pas, je fais en sorte que la personne ait une réponse en lui donnant un contact, une adresse. Même à l’ère d’internet, cette relation directe est nécessaire et toujours très présente. A la campagne, c’est le Maire qui est vraiment en relation de proximité, de confiance, de confidentialité avec les habitants. Mais la vie de Maire n’est pas toujours simple ni facile, loin de là. Il faut gérer des dossiers complexes, faire face parfois à l’agressivité et l’incompréhension de certains. Il peut y avoir une usure de la fonction, surtout quand on s’est engagée depuis des années...

Concernant nos projets, nous avons la particularité d’avoir deux bourgs : le bourg centre et le hameau de Saint-Jacques. Donc, nous devons nous adapter aux besoins de chaque secteur. Dans le bourg, nous avons travaillé sur le fleurissement en favorisant le développement durable (1 seule variété de plante, peu fragile et demandant peu d’entretien), sur l’accessibilité du bâtiment de la Mairie dont la salle du Conseil est partagée avec les associations, sur la réduction de la vitesse par un aménagement. A Saint-Jacques, un réseau collectif de phyto-assainissement a été créé, plutôt innovant à l’époque. Grâce au dynamisme de l’association, la chapelle a été rénovée et le chemin de randonnée « la boucle de Saint-Jacques » aménagé. Ce hameau, avec ses 27 maisons, reste très convivial, les habitants sont tous en contact. Notre prochain projet est la reconstruction d’une salle pour les associations d’environ 250 m² en réutilisant les bâtiments de l’ancienne école et en arasant ceux de la vieille salle des fêtes. Avec l’appui du CAUE, nous réfléchissons à la meilleure conception possible. Nous sommes allés voir d’autres salles des fêtes afin d’avoir des idées sur des fonctionnalités, des matériaux, etc. Cette démarche ouvre l’esprit, crée de la cohésion dans l’équipe municipale. D’ici 2 ans, la nouvelle salle devrait voir le jour. Mais ce n’est pas moi qui l’inaugurerais puisque je passerai la main aux prochaines élections municipales.

Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?

C.D : Pour une petite commune rurale comme Tréméven, avec une Secrétaire de mairie à mi-temps, le Centre de Gestion est un outil indispensable. La Mairie est toujours en contact avec ses services, c’est vraiment incontournable. Nous faisons appel à leur expertise et leur veille réglementaire.

Notre Secrétaire de mairie appartient au service emplois partagés. Actuellement en arrêt, son remplacement est assuré par une personne du service missions temporaires. Nous faisons également appel à la prestation « Paie à façon » pour la réalisation des salaires des agents car devant la complexité de cette mission, nous avons préféré la sécuriser. Le service juridique nous a également bien conseillé sur des questions de partage du domaine public.

Je suis vice-présidente par délégation de la CHSCT* (en remplacement de Jacques Goisnard) depuis environ 1 an. Quand on pense à cette commission, on peut avoir une vision réductrice en imaginant qu’elle ne gère que des questions d’accident. Mais les questions évoquées sont bien plus larges et concernent principalement le bien-être au travail. C’est une expérience enrichissante qui demande de bien s’informer en amont. Les situations peuvent être complexes notamment quand on parle de droit de retrait, de harcèlement, etc. Il faut avoir un regard de juriste. Les services du Centre de Gestion sont d’une grande aide et le travail est bien préparé. L’ambiance est excellente, avec les élus et les représentants syndicaux, dans un respect mutuel. Nous avons travaillé ensemble sur le dossier du télétravail. Ce travail collectif nous a permis de bien nous comprendre et parfois, de faire tomber certaines frontières. Je suis très investie dans les instances consultatives du Centre de Gestion puisque je siège également aux CAP A et C, au conseil de discipline, au C.T et je suis suppléante à la commission de réforme. Ces lieux de réflexion rapprochent les élus, quelle que soit leur étiquette politique. Chacun est alors dans un rôle différent. Siéger dans ces instances nous permet de prendre de la hauteur.

* Émanation du Comité Technique départemental, la Commission d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail départementale est consultée pour toute mesure visant à préserver la santé et la sécurité des agents des communes et établissements publics de moins de 50 agents. C’est une instance paritaire composée de 8 représentants des élus et de 8 représentants des personnels. Les services du Centre de Gestion en assurent le secrétariat.

Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?

C.D : Quand notre Secrétaire de mairie, à temps partagé avec la commune de Lannebert, a été en arrêt maladie, nous avons dû nous pencher sur son remplacement. C’est un poste complexe, partagé entre deux petites communes. Cela induit une gymnastique intellectuelle pour ces secrétaires de mairie qui doivent connaître tous les dossiers et dans deux réalités différentes. Elles travaillent avec deux Maires, avec chacun leur fonctionnement. Il faut des personnes motivées, polyvalentes, hyper compétentes dans nos petites communes où la Secrétaire de mairie doit apporter la première réponse aux habitants. Trois personnes se sont succédé sur le poste avant de trouver notre remplaçante actuelle, issue du service missions temporaires. Elle avait suivi la formation Métiers administratifs territoriaux au Centre de Gestion. Cette première expérience est forte pour elle et très complémentaire de sa formation. Pour faciliter son fonctionnement, nous avons aménagé son temps de travail. Ainsi elle passe des journées complètes dans chaque mairie. Et nous sommes très satisfaits, dans chaque commune, du travail fourni.

. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?

C.D : C’est un constat que j’ai déjà fait « la cohésion d’une équipe, c’est le projet. Le projet partagé. » J’ai toujours prôné le travail collectif. Lorsque nous montons un projet à Tréméven (le conseil municipal est composé de 11 conseillers), nous regardons ce qui se fait ailleurs, nous visitons d’autres équipements. Cela crée une unité dans le groupe et motive les élus.


Mieux connaître les élus locaux et agents territoriaux, voici le fil conducteur de cette nouvelle rubrique de notre portail internet. Ces portraits ont vocation à mettre en valeur les acteurs des territoires mais aussi à valoriser des expériences menées avec les services du Centre de Gestion.
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