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Portrait de Philippe Danigo – Maison du département Guingamp-Rostrenen

Publié le 27/04/18 - Mis à jour le 13/01/22

Chef du service enfance-famille à la Maison du Département de Guingamp-Rostrenen, Philippe Danigo intervient sur le secteur d'action sociale de Rostrenen qui regroupe également le Service d'Action sociale de Proximité, la Protection Maternelle Infantile et le Centre Local d'Information et de Coordination (CLIC).

. Qu’est-ce qui vous a amené à devenir fonctionnaire territorial ?

P.D : Je dirais que travailler à la protection de l'enfance amène à devenir fonctionnaire. En effet, c'est une compétence principale des Conseils départementaux. J'ai débuté en tant qu'éducateur spécialisé dans le secteur du handicap. Après 4 ans, j'ai été recruté en 1999 par le Conseil Départemental des Côtes d'Armor sur un poste d'assistant socio-éducatif. En 2015, le Conseil Départemental m'a proposé une mission sur un poste d'encadrement en remplacement pendant 3 mois et demi à la Maison du Département de Lannion. Cette expérience ayant été réussie, je suis devenu chef du service action sociale de proximité sur le secteur de Paimpol pendant un an. A l'occasion du renouvellement de l'encadrement initié en 2016, tous les cadres ont dû repostuler et j'ai été recruté sur mon poste actuel à Rostrenen. Dans le cadre d'une réorganisation du service, de l'intégration du secteur de Paimpol à la Maison du Département de Guingamp-Rostrenen et à un souhait personnel, je partirai sur le secteur de Lannion pour assurer un poste plus technique de conseils aux familles à partir de juin prochain.

Aujourd'hui, ma mission m'amène à encadrer un service composé de 6 travailleurs sociaux et 4 administratifs. Dans le cadre de notre mission de protection de l'enfance, nous intervenons à 75% sur le volet judiciaire (suite aux décisions du juge des enfants) et 25% sur un volet administratif pour la mise en oeuvre de mesures à la demande de l'autorité parentale (contractualisation de mesures éducatives). Nous intervenons également auprès de jeunes majeurs entre 18 et 21 ans. Nous faisons des visites à domicile, des placements d'enfants et jeunes en difficulté. Chaque travailleur social suit 30 mineurs. Ce sont des missions exigentes, sur des problématiques complexes et parfois très lourdes. Nos partenaires sont nombreux : justice, éducation nationale, établissements d'accueil, CAF, organismes de tutelle, les associations, etc... sans compter les partenaires internes au Conseil Départemental.

. Quelle est votre vision du service public local et les projets importants à échéance deux-trois ans ?

P.D : La protection de l'enfance est par nature pour moi un service public. Garantir aux citoyens les plus vulnérables la possibilité de s'en sortir. Parmi les populations fragilisées, les mineurs sont les plus exposés. Les missions de protection de l'enfance sont principalement portées par le département, en lien avec les partenaires qui y concourent. Mais dans ce secteur d'activité, il nous faut réflechir à une meilleure gestion du service public. Sur des territoires hyper ruraux, nous devons repenser les services publics en place, développer pourquoi pas un autre maillage du territoire, renforcer les partenariats. Sur notre territoire d'intervention, comme ailleurs en Bretagne centrale, le problème de la mobilité et de l'accès aux service se pose avec une acuité particulière. Des solutions de transport sont mise en œuvre, mais il faut encore imaginer les moyens d'aller vers les usagers les plus démunis et éloignés des services. Il faudrait développer la co-intervention et les partenariats avec notamment les intercommunalités du territoire, réussir à mieux coordonner nos actions, mettre en relations les personnes qui s'occupent de l'enfance. Nous sommes dans un contexte départemental tendu, qui interroge sur le niveau de service rendu. A t'on les moyens de répondre aux demandes à la même hauteur que par le passé ? Tout cela génère de l'inquiétude, du stress, de la frustration dans les équipes. D'autant plus que certains partenaires se sont désengagés de ce secteur, ce qui a forcément des retombées sur des mesures éducatives aux familles.

Concernant les projets, le Conseil Départemental réfléchit aujourd'hui à la réforme de ses politiques publiques. Nos services de proximité ont fait remonter leurs réflexions en présentant bien les spécificités de nos missions. L'institution a, à mon sens, bien compris les enjeux autour de la protection de l'enfance et est prête à donner des moyens supplémentaires pour sécuriser les conditions d'exercice de nos missions. Une restructuration de la MDD va avoir lieu prochainement, en remettant du cadrage, en revisitant les conditions d'exercice de ces missions, des champs d'action. Nous devons pouvoir continuer à assurer, dans des conditions correctes, ce service indispensable au public.

. Qu’attendez-vous d’un établissement ressources comme le Centre de Gestion ?

P.D : J'en attend notamment du conseil en matière de formation, de recrutement, de réglementation. Dans la pratique quotidiennne, j'ai peu de contacts directs avec le Centre de Gestion car le service Ressources Humaines d'une grosse maison comme le Conseil Départemental est en capacité de nous donner des informations. Par ailleurs, j'ai participé à un jury de concours pour assistant socio éducatif, ce qui a été une expérience intéressante.

. Avez-vous eu une expérience marquante avec les services du Centre de Gestion ?

P.D : Oui. J'ai travaillé avec la personne en charge du bien être au travail à la résolution d'une crise dans le cadre d'un de mes postes précédents. Sur l'un de nos sites, nous avions une forte dégradation des relations de travail entre les agents. Nous avons travaillé à la mise en place d'un plan d'actions en plusieurs volets afin de comprendre cette crise, essayer d'en sortir en remettant du lien professionnel entre les collègues. Le Centre de Gestion est intervenu dans ce cadre et les conditions d'exercice des missions ont été revues. Je n'ai malheureusement pas pu participer à la finalisation de cette mission car j'ai pris mes nouvelles fonctions à Rostrenen. Mais cette étude m'avait beaucoup intéressé.

. Pour conclure, à titre professionnel, avez-vous une citation ou une phrase préférée ?

P.D : J'ai cette citation de Nelson Mandela en tête : "L'éducation est l'arme la plus puissante qu'on puisse utiliser pour changer le monde." Mon métier fait que l'on intervient dans la vie des familles, directement, concrètement. L'accompagnement de ces personnes en difficulté, c'est là où nous sommes attendus. Les protéger, faire de la prévention. Il faut leur donner la possibilité de réinvestir l'éducation de leurs enfants. Nous pouvons faire changer les choses.


Mieux connaître les élus locaux et agents territoriaux, voici le fil conducteur de cette nouvelle rubrique de notre portail internet. Ces portraits ont vocation à mettre en valeur les acteurs des territoires mais aussi à valoriser des expériences menées avec les services du Centre de Gestion.
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